samedi 1 mars 2008

vendredi 29 février 2008

Jean-Pierre Martinet. La Grande Vie

Il est des livres qui nous accompagnent et desquels on fait des oreillers ou des nids pour venir y rire, y pleurer et y retrouver une musique tellement profonde qu’elle semble faire partie de nous-même. La grande vie est pour moi de ceux-là.
Jean-Pierre Martinet est un météore triste. Mort à 49 ans, affaibli par la vie et de multiples échecs, il laisse derrière lui une œuvre de quelques livres, des cailloux de Petit Poucet pour des générations à venir. Comme avec Beckett, sa première lecture m’a laissé sur le cul, ne sachant si je devais rire ou m’inscrire à l’Agence générale du suicide de Jacques Rigaut.
Ce texte a paru pour la première fois dans la revue Subjectif de Gérard Guégan (feu le Sagitaire), dont vous avez pu apercevoir une couv’ un peu plus bas ; il est salutairement réédité depuis 2006 par l’excellent David Vincent (de son vrai nom) des éditions L’Arbre Vengeur.



Adolphe Marlaud possède déjà un nom aussi éloigné du glamour qu’un plat de navets refroidis, la vie ne l’a pas gâté ou seulement dans le sens premier du terme. Ses deux parents sont morts, sa mère gazée à Auschwitz et son père, un enfoiré de première, repose à quelques mètres de chez lui, au Père-Lachaise. Il observe sa tombe de chez lui, rue Froidevaux (…) et se donne pour mission de la surveiller, ce qui, accessoirement, lui donne l’occasion d’acheter une carabine pour dégommer les animaux à qui viendrait l’idée de souiller la noble sépulture.
Son quotidien est une source inépuisable pour qui voudrait rédiger de nouvelles définitions des mots « morne » ou « déprimant ». Employé dans un magazin d’articles funéraires, traité comme un chien par son patron, sa non-vie sexuelle est soudain est soudain bouleversée par l’intrusion d’une énorme concierge de 2 mètres obsédée par Luis Mariano qui le choisit comme objet sexuel, lui si frêle et peu ragoûtant. « Généralement on me comparait à un cloporte ou à une punaise, ce qui me flattait plutôt car j’ai toujours adoré ces petits insectes. Quand je me regardais dans la glace, le matin, je ne donnais pas entièrement tort à mes détractrices. Cette tête d’avorton maussade, presque toujours ensommeillé, ce teint jaunâtre, comme si j’avais passé la nuit dans un seau hygiéniqe, cette taille ridicule qui m’obligeait à porter des talons très hauts pour ne pas ressembler à un des nains de Blanche-Neige, je me sentais parfois si laid, si misérable, que je détournais les yeux lorsque j’apercevais mon reflet dans une vitrine. Madame C. était encore trop bien pour moi. Je ne la méritais pas.»
Ses soirées sont faites de lectures (Bossuet, Rimbaud, Nabokov, Léo Malet ou Svevo) et ses journées de rêveries sur sa clientèle féminine ; toutes ces femmes en deuil portent-elles des sous-vêtements noirs ? Elles le captivent d’autant plus que la grosse Madame C. lui donne un aperçu de l’enfer sensuel : « J’étais condamné à plonger sans maugréer dans les ténèbres rougeoyantes. Je comprenais la terreur des habitants de Pompéï lorsque la lave du Vésuve avait déferlé sur eux. »
Comment donc sortir de tout ce gris de cimetière, de cette solitude poisseuse et de ce désespoir sans fond ? Par le rire, par un humour qui transcende la noirceur, qui la sublime, un rire jaune, sans drame, sans pathos, car « il n’y a pas de drame, chez nous, messieurs, ni de tragédie, il n’y a que du burlesque et de l’obscénité ».

Parmi les « seconds couteaux » de la littérature, les oubliés, les Emmanuel Bove, les Henri Calet et les Maurice Raphaël, Jean-Pierre Martinet fait figure de pierre angulaire. Maintenant, à vous la Grande Vie.


Esprit de Garcimore, magie, double post ! Le logo de l’Arbre Vengeur vient nourrir ma thématique croix/seins, n’est-ce point meeerveilleux ?


Enrico Baj

Au carrefour du surréalisme, de dada, du pop art, de l'anarchisme et de la pataphysique (quel C.V.!), Enrico Baj (1924-2003) fut un des grands peintres avant-gardistes italiens. Bien que fortement politisée, son oeuvre m'attire surtout pour ses personnages grotesques, monstrueux, robotisés, furieux et ridicules. Quelques exemples de peintures et de collages.

La demi-mondaine avec les ultra-corps (1959); Personnage hurlant (1964); Le Mât de Cocagne (1963); Rencontre (1963); Ultra-corps en Suisse (1959). Toutes ces images sont des fragments because of my scanner.

Enrico Baj, Ed. Filipacchi, 1980, coll. La Septième Face du Dé.

Formes 50 (album pour artistes...hmm...1950)

Désolé pour mes (rares) lectrices on va rester un peu dans les trucs de mecs héhé, quoique... on peut aussi voir dans ces photos dites de charme une expression inédite de surréalisme sublime, je pense surtout à la dernière qui me hante encore quelques années après l'avoir vue pour la première fois.. ces yeux blancs... Hélas aucune de ces photos n'est signée...


Les autres photos sont plus conventionnelles mais j'ai trouvé que celles-là méritaient le coup d'oeil!
Editions Mazagran, 1950, deuxième édition.

jeudi 28 février 2008

L'Invasion des femmes abeilles (1973)

Rien de tel, par une journée pluvieuse et sans saveur, de faire péter une bonne vieille perle bis. En l’occurrence, L’Invasion des femmes abeilles (Invasion of the bee girls de Denis Sanders, écrit par Nicholas Meyer) a rempli sa mission. Je n’irai pas jusqu’à parler de bon film mais il y a dans ce nanar d’or tant d’ingrédients succulents qu’il m’a laissé repu : tout d’abord des actrices propres à faire enfler la libido de Nico du Bengale (qui se reconnaîtra), à savoir Anitra Ford ou Victoria Vetri ; ensuite une intrigue digne d’un gosse de 8 ans sous jus d’endives en intraveineuse : une charmante entomologiste, visiblement intelligente aussi, a trouvé le moyen de se transformer en hybride femme-abeille qui a l’instar des abeilles mères tue son partenaire après lui avoir vidé les choses de la vie (les bourses ou la vie, faut choisir…). Ne pouvant réaliser l’acte qu’une fois, elle transforme une à une les bonnes femmes du coin, grâce à une étrange gelée royale (…) en hybrides, d’où l’avènement d’une « invasion » de femmes abeilles, chose peu courante en soi mais très distrayante. Enfin, notons un effort de subtilité dans les dialogues… Lors d’une réunion entre flics et habitants du patelin où la solution préconisée est l’abstinence totale, un des ploucs s’écrie « Je vais faire quoi le soir si je peux pas ramoner ma bourgeoise !!?? »…Regarder un film avec des femmes abeilles nymphomanes, j’sais pas moi…


Tout ça pour quelques euros chez Bach Films of course !

mercredi 27 février 2008

Elsa Martinelli

Voici quelques images dont j'ai paumé la source, oh drame me direz-vous... Elsa Martinelli, belle Toscane née en 1935 a tourné une tripotée de films que je n'ai jamais vus et que je ne verrai sûrement jamais, avec pourtant de grands réalisateurs comme Autant-Lara, Vadim, Howard Hawks et Orson Welles et de moins grands... Il s'agit ici d'un western spaghetti, The Belle Starr Story sorti en 1968. Enjoy the cutie!

Et merci Youtube et SpoonMHD:

Claudia Cardinale

Carte postale. Photo: Mischalke/UFA

lundi 25 février 2008

Pierre Molinier and covers



Deux couvs du maître bordelais pour Maurice Raphaël chez Eric Losfeld. 1969 baby.

Histoire de l'œil

Scott Walker. Scott 3 (1969)
Max Ernst. 2e planche de Troisième poème visible (Une Semaine de Bonté, 1934)
Agatha Christie. Le Miroir se brisa. (Ed. Librairie des Champs Elysées, coll. Club des Masques, 1966)
The Eye de David Moreau et Xavier Palud (2008)




dimanche 24 février 2008