samedi 6 septembre 2008

Après la paresse, la luxure : Maria Combourg

Fouillons un peu plus avant dans les recoins de la littérature clandestine avec ce Plaisir Attrappé (avec 2 p oui...) publié par Eric Losfeld et vendu sous le manteau dans les années 1950. Maria Combourg est également l’auteur d’un livre plus recherché qui a pour titre Journal intime d’une provinciale. Dans ce dernier Losfeld a utilisé des dessins pornographiques d’Yves Tanguy, destinés à l’origine à illustrer Les Rouilles Encagées (…) de Benjamin Péret.
Quant à nos illustrations, signées Joseph Combourg (son mari nous dit l’avant-propos bien qu’on n’ait aucune raison d’y croire...) on ne peut pas dire qu’elles relèvent du génie mais elles ont leur place dans l’histoire de l’illustration érotique d’après-guerre.
Que dire du texte ? Disons simplement que ce roman n’est pas le royaume de la métaphore… A tel point que la pornographie 'débitée' dans toute sa brutalité frôle même parfois le comique. Un exemple :
Charlotte interroge la jeune Sophie :
« - Que faites vous le soir en pension demanda-t-elle ?
- On joue aux dames, réplique Sophie
- Ca veut dire que vous faites le mur pour aller sucer des garçons qui tendent leur bite à travers les grilles.
Sophie équarquilla les yeux. »
Ou bien :
« - Pas de jeux malsains. Nous avons une pucelle aujourd’hui.
La tête déconcertée et souriante d’Elsa la fit rire.
- Une pucelle ? Il en existe encore depuis Jeanne d’Arc ?
- Va te laver le cul, fit Charlotte en l’attirant, je t’expliquerai. »


Maria Combourg. Le Plaisir Attrappé. Ed. Philéas Fogg Publisher London-Calcutta-Melbourne (Eric Losfeld), non daté.

mercredi 3 septembre 2008

lundi 1 septembre 2008

Le surréalisme et le cœur sauvage

Vincent Bounoure est un surréaliste d’après-guerre assez peu connu pour qui le mouvement n’a pas pris fin après la mort de Breton en 1966. Refusant d’abandonner l’ambition de « transformer le monde » et « changer la vie », Bounoure ainsi que de nombreux autres parmi lesquels Gérard Legrand, José Pierre, Jean Schuster… publie ses textes dans plusieurs revues toutes ou presque éditées par Eric Losfeld : Medium, Bief, Coupure, L’Archibras et d’autres…
Grand spécialiste des ‘cultures primitives’ et des arts océaniens, Bounoure livre dans ce magnifique texte (Le surréalisme et le cœur sauvage) une réflexion poétique et inspirée sur l’influence qu’ont eu ces arts d’ailleurs sur le mouvement surréaliste. Avec la verve du passionné et le talent du véritable poète, Bounoure laisse ici un texte à l’écriture ciselée digne de Guy Debord.
Et pour ne rien gâcher, le texte est illustré des gravures de l’excellent Jose Guadalupe Posada

Source : L’Archibras n°2, le Surréalisme en octobre 1967, Ed. Le Terrain Vague.