vendredi 21 mars 2008

Eros 30's

Quelques photos tirées de revues françaises des années 1930.

Ylipe (1936-2003)

Retournons un peu dans les contrées entraperçues avec Akbar del Piombo. Un autre maître du collage absurde est Ylipe (Philippe Labarthe). Né en 1936 à Bordeaux, Ylipe peint et écrit des aphorismes comme d'autres tirent à la carabine. Gratifié du Prix de l'Humour Noir en 1962, il poursuit son oeuvre dans la tradition surréaliste, publié par les francs-tireurs de l'édition d'alors, Pauvert, Losfeld et consorts.

Un petit exemple de collages et aphorismes, tirés du numéro spécial de Bizarre d'octobre 1967.

mercredi 19 mars 2008

Viet pop for ever

On trouve de tout aux puces... même de la vieille Viet Pop... J'ai pas pu résister à la vue de ces kitschissimes pochettes et de ces 45t calibrés pour le succès sur dancefloors en sueurs... une face "twist/surf", une face "mash-potato/agogo" (ah ouais...), et l'autre: "bolero", "slow twist" (ça tue le slow twist, c'est bath), "soul/surf"... Le pire c'est que tout ça se laisse écouter !

Un porno situationniste?

Hurl Barbe. Pompe le mousse. (Ed. La Brigandine, 1982)

Bon. Désolé pour mes lecteurs fins lettrés, adeptes des sobres couvertures Gallimard, là on passe du côté obscur de la fesse. Et ce jeu de mot pathétique n’est pas vain, non non. La Brigandine fut une EXCELLENTE maison d’édition dans les années 1980, tenue (aux dires de Bernard Joubert) par le non moins excellent Henri Veyrier. Vous en doutez ? Voici un aperçu des titres au catalogue : La Loque à terre, Les Mutants de Panurge, Le Feu occulte ou encore Le Belge au bois dormant. Tiens, j’ai perdu 3 lecteurs…
Pour ceux qui tiennent le choc, sachez que nombre d’auteurs connus se cachent derrière les pseudos des auteurs du Bébé Noir (première mouture) et de la Brigandine. Enfin « connus », pas cette tronche d’ahuri de Queffelec mais des gens comme Raoul Vaneigem ou Jean-Pierre Bouyxou, des contre-cultureux et des sympatoches libertaires dont j’imagine, beaucoup sont encore à découvrir. Qui est Hurl Barbe alors ? Tout le monde se demande… J’en sais rien. Laurent Chollet mentionne ce titre dans sa bibliographie au gros volume de L’Insurrection situationniste paru chez Dagorno sans dévoiler grand-chose du vrai patronyme… « Alais Barbe (Hurl) »… ? En fouillant on découvre que d’autres livres sont signés du même auteur : Les Celtes Mercenaires (ahah) à la Brigandine ou Alice Crime chez Deleatur en 1979 (polar oulipien paraît-il…) Quoi qu’il en soit, ce cher Hurl a commis une petite perle porno situ avec Pompe le mousse (pour le plaisir je répèterais ce titre à l’infini…)

Qu’en est-il de l’histoire ? Tout commence avec deux sœurs, Alice et Juliette (foule de références car tout est intertextualité dans ce bouquin), pensionnaires pas sages de l’institut Sainte-Marguerite. Les vilaines se font des cochonneries, expérimentent diverses formes du plaisir partagé avant de se faire virer par manque de sous. Commence alors un périple purement surréaliste dans un univers parallèle qui est à la fois celui des années 70 en France, et tout autre chose. Les références abondent, et les meilleures :
« En riant de l’aventure, nous rejoignîmes le dortoir, traversant les corridors, déserts comme un songe bleu de Paul Delvaux »… Si tous les auteurs de porno connaissaient Paul Delvaux, l’attente des trains dans les gares serait moins longue…
Nos deux canailles donc, se retrouvent en liberté et croisent le chemin des agités de mai 1968, et particulièrement qui ? Les situ ! Oh il faut dire qu’ils sont bien cachés derrière les noms opaques de Raoul van Houten (ohoh), Guy Retord (ahah) et Gianfranco Spaghetti (uhuh), à savoir L’Internationale de Sisyphe (eheh). Plutôt que de parler Hegel ou Marx, Alice et Juliette s’adonnent à la liberté sexuelle la plus hétéroclite : lesbianisme, inceste, urologie…

Ah, je n’ai plus de lecteurs, tant pis je continue. Après avoir tué un flic d’un coup de pavé bien sec, elles sont recueillies par un italien, Antonio Vivace, qui tient en son domaine, le château d’Otrante (tiens donc), un harem d’adolescent(e)s. Le récit que fait cet homme charmant de sa vie mouvementée (parricide, proxénétisme, rabatteur pour le Pape) est une merveille de drôlerie rabelaisienne et surréaliste à la fois.
Poursuivant leur périple sexuel et philosophique, les deux excitées finissent par rencontrer des marins (d’où le titre, Pompe le mousse, vous ne l’aurez pas oublié, mon inexistant lecteur de fin d’article, n’est-ce pas) et Minette et Alex. Quant soudain, alors que tout voguait au poil dans le sous-marin:
« - Je ne comprends pas, tout est en ordre, mais nous perdons régulièrement de la vitesse. Je vais jeter un coup d’œil sur la réserve d’uranium.
Il revint, l’air effaré.
- La réserve est à sec ! On a volé le combustible !
Antonio, perplexe, tirailla la moustache d’Alex.
- Il faut faire une enquête ! Tout le monde à poil !
Comme nous étions déjà nus, ce fut vite fait. Antonio nous flaira comme un chien policier à la recherche de drogues ou de publications subversives.
Arrivé près de Minette, il lui écarta les jambes et ayant fourré son apendice nasal dans son beau derrière, s’exclama :
- Ca sent le 238 par ici !
Minette rougit et trembla légèrement. Antonio lui glissa un doigt dans l’anus et en retira une petite tringle qui scintilla chichement sous les néons.
- Voilà la coupable !
- Ca fait longtemps que tu te shootes à l’uranium ? lui demandais-je, intriguée.
- J’ai commencé il y'a cinq ans. Je faisais le ménage dans une centrale nucléaire »
…. ETC. Ok je m’arrête. Vous ne saurez rien de la suite, de la quête de Somebody endormi depuis 100 ans dans le Botulus et qui se découvre au réveil une gaule d’enfer centenaire, de leur arrivée en compagnie de Théière de Jardin (si !) sur l’île de Tamoé où règne une société sans hiérarchie mais où les Méleffes (activistes féminines en trois lettres, tic tac tic tac…) finissent par violer les hommes et les tuer… Vous ne saurez rien de tout ça parce que vous n’êtes sûrement déjà plus là… Lâcheurs!

Rita Cadillac

Reine du cabaret, reine des casseroles. Ce disque est musicalement nulllisssime mais j'ai trouvé la pochette digne d'être sauvée de l'oubli... non?

lundi 17 mars 2008

Illustrateurs années 50 / Alex Pinon / Jef de Wulf

Petit dépliant d'une expo que j'ai ratée en 2004. Pour une fois que quelqu'un s'intéressait à des gens comme Alex Pinon, Jef de Wulf, les frères Giordan, Jihel et autres...



En parlant de Jef de Wulf, quelques exemples > 1956 - 1959 > Ed. Arabesque > Coll. "Parme" n°8, 22 (Tendre Proie est une de mes couvertures préférées de cette période) et 37.


VHS Rest in Peace / B-Movies

Du bon, du naze, du vu, du pas encore vu, du oublié...

mercredi 12 mars 2008

Serge Brussolo / Laudator

Je ne suis pas (encore) un lecteur de Brussolo mais j'ai toujours voulu m'y mettre... D'ailleurs si vous en avez lu j'attends vos conseils sur des titres!
Quand j'ai vu arriver ces bouquins dans mes bacs au boulot j'ai craqué. Ces couvertures déglinguées! Et puis, en feuilletant vite fait les premières pages de L'Ambulance, j'ai lu ceci: "Ce roman est paru aux éditions Fleuve Noir en 1985 sous le titre Ambulance cannibale non identifiée" !! Un titre comme ça touche au génie, j'trouve...
J'ai donc acheté, pour commencer, trois de ces petites merveilles avant qu'elles ne soient épuisées et que je m'éreinte à les retrouver sur ebay d'ici quelques années. L'illustrateur est un certain Laudator, dont on peut lire une interview ici et voir d'autres photomontages là. Merci monsieur!

lundi 10 mars 2008

Tomi Ungerer

Du Tomi Ungerer meilleur cru ! Ces dessins sont extraits de son Totemple paru en 1976 en Allemagne et reproduits dans la revue française Lui. Réalisés entre 1968 et 1975, ces œuvres mettent en scène la femme dans des situations fétichistes et sadomasochistes des plus intéressantes....

dimanche 9 mars 2008

Toshiko Okanoue 

Voici une récente découverte pour moi. Une collagiste japonaise dont je ne sais pas grand-chose (et tout ce que je sais vient de là) et dont les images sont rares, tant sur Internet que sur papier… A savoir Toshiko Okanoue. Etudiant le dessin de mode au Japon dans les années 1950, Toshiko se mit à découper les images qui lui plaisaient et à construire des collages. Des revues comme Life ou Vogue lui servirent de base. Une exposition lui fut consacrée en 1953 et on en parla comme d’une « version contemporaine d’Alice au Pays des Merveilles » (n'est-ce pas Anitaa?)

En 2002, Nazraeli Press fit paraître Drop of dreams, un ouvrage sur cette œuvre aux frontières du surréalisme. Il propose, si j’ai bien compris, 12 collages. On trouve encore tout ça sur Amazon autour de 60 euros. Avis aux motivés.

Petit bonus, armé de mon traducteur Google, j’ai trouvé un site de vente japonais qui permet de feuilleter l’ouvrage dans son intégralité !