mardi 24 juin 2008

John Zorn Live


Ca doit bien faire une douzaine d'années que j'écoute John Zorn, les groupes qu'il produit, les groupes qui gravitent autour de lui, et je ne l'avais jamais vu en concert. Si j'avais soudain une rentrée d'argent (plus que) conséquente, je me précipiterais sur tout son catalogue Tzadik. Bref, je crois que, malgré quelques périodes de lassitude et quelques revirements, je peux dire que, j'aime, John, Zorn.
Hier soir fut donc le grand soir, la belle rencontre. L'affiche était assez exceptionnelle à vrai dire. Et encore ce n'est que le premier concert d'une belle série que propose en ce moment la Cité de la Musique. Par manque de thune, je n'aurais vu que celui-là.
Le concert s'est déroulé en trois parties; D'abord Necrophiliac! Le trio Zorn, Fred Frith (infatigable guitariste expérimentant toutes les sonorités et tous les univers accross the border) et Mike Patton (ex Faith No More et désormais vocaliste (?) fou (!) et membre de plusieurs entités assez côtées dont Fantomâs. Dès la première note stridente du saxophone survitaminé de Zorn, ma voisine de droite (qui accompagnait son mari plus qu'elle n'assistait au concert) s'est obstrué les oreilles de deux majeurs pointus qu'elle ne décollera de ces petites cavités proprettes (je l'espère) qu'à la dernière seconde. J'étais ravi. Ma voisine de gauche, qui partage, en plus de ce concert, sa vie avec moi, s'est décidée à "ne pas lutter contre le bruit, à se laisser immerger". Au final je crois que ce boucan l'a bercée... Elle est d'ailleurs capable de se détendre et même de se relaxer en écoutant du Wolf Eyes... chose rare qui fait que je l'aime et que je ça risque de continuer. Fermons-là cet aparté qui n'intéresse strictement que moi...

Bruyant, brutal et beau fut ce jet d'adrénaline juvénile car comme les Sonic Youth qui approchent de la papitude, les musiciens "zorniens" ne cessent d'être jeunes et de transmettre un peu de leur rage d'il y a presque 30 ans. L'adéquation entre eux est également quelque chose de fascinant à observer. Ces gars-là se connaissent sur le bout des ongles. Chaque morceau, calibré et ciselé à la seconde est un défi d'interprétation tant Zorn aime jouer des brusques changements d'univers, de rythme, faisant de la rupture un étonnant moteur d'innovation et de renouvellement. On ne s'ennuie jamais!
La deuxième partie fut consacrée au trio infernal qui n'a plus rien à prouver: Painkiller! A savoir Zorn, Bill Laswell à la basse et le cinglé de batteur Mick Harris (Napalm Death, Scorn...) Ce trio-là aussi forme une entité incroyable. Chaque écart, chaque improvisation est l'occasion d'un exercice ludique entre eux, et ça se sent. Qui poussera qui vers la fausse note, vers le dernier retranchement... La basse dub de Laswell sur le flot tonitruant de la batterie grind core de Mick Harris... Le souffle furieux de Zorn sur un silence aussi profond que bref... Violence, équilibre et splendeur furent les maîtres mots de ce moment d'intensité funambulesque.
Pour finir, l'équipe au complet rejoignit la scène pour un agréable chaos organisé fait de brefs morceaux ultra violents dont le rappel qui fut si bref qu'il provoqua quelques sifflets rageurs, laissant la moitié de la salle perplexe (22 euros quand même, merde) et l'autre ravie. Je me place dans la deuxième catégorie, sans aucun doute. Putain j'ai enfin vu Johnny Zorno!

Quelques photos pas top because j'étais LOIN et que mon Canon a à moitié rendu l'âme depuis quelques mois. Pis c'était pas vraiment autorisé alors j'ai fait ce que j'ai pu. Pour les plus curieux (et les plus masos, une vidéo de 5 minutes toute floue de l'entrée sur scène de Painkiller!)

Et la vidéo c'est par

3 commentaires:

jimmy a dit…

cette affiche de fous! ce concert devait être assez magique en effet...

Nad' a dit…

C'était FOU !
Et les autres soirs ...
Pas toucher terre de la semaine
RDV en février 2009 meme lieu, Zorn reprend Gainsbourg

losfeld a dit…

Ah visiblement vous n'étiez pas ma voisine de droite...
Même Dreamers c'était bien? Je me suis tellement ennuyé en écoutant le disque... une des rares fois où Zorn m'a déçu...
Faut que je réserve mes places pour février, ce serait ce que pour le "Black trombone" de Marc Ribot!