mercredi 16 avril 2008

Léo Malet. Les Nouveaux Mystères de Paris

Ed. Robert Laffont, 50's.
Malet n'a pas terminé son projet, à savoir un livre par arrondissement.

Topor

Couverture (Roland Topor) du n°1 de Mépris, revue du grand Jacques Sternberg.


A la demande d'Arnaud, un petit aperçu de l'intérieur:

Just for the two of us

For C.
simplement le plus beau poème de la langue française:

André Breton. L'union libre (1931)

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

samedi 12 avril 2008

William L Philyaw

Je pense qu'aucune forme artistique ne me fascine plus que le collage, Ernst, Hugnet et quelques autres ont définitivement touché quelque chose en moi. Depuis je cherche leurs descendants, des artistes capables de faire surgir l'onirisme ultime de vieilles photos juxtaposées. Voici ma dernière découverte. Il s'agit d'un artiste du Kansas qui m'autorise aimablement à présenter son travail ici. Place à William L. Philyaw!


Bien d'autres oeuvres de William P. Philyaw sur son très beau blog. Bonne visite!
Merci William et désolé d'avoir été impatient)

vendredi 11 avril 2008

Roger Salardenne. L'Amour chez les fous. (Ed. Prima)


Continuons l'exploration du catalogue des excellentes éditions Prima avec ce livre de Roger Salardenne qui consacra une partie de ses "recherches" aux naturistes, et qui fut un auteur prolifique des années 1920-30 (livres, articles dans le Canard Enchainé, Guignol etc.). Ce livre (que certains, souffrant probablement d'une "maladie des boyaux de la tête", osent vendre 125 euros) est un document très intéressant sur les asiles d'aliénés de l'avant seconde guerre mondiale et sur la sexualité des malades (même si le sujet n'occupe qu'une courte partie du livre contrairement à ce que le titre un peu racoleur suggère).


On est très proche des conditions dans lesquelles Antonin Artaud a vécu ses internements. L'asile était alors une sorte de prison dans laquelle on entassait toutes sortes de gens, des ivrognes ayant frappé leur femme en rentrant du rade aux vrais fous pour qui notre réalité est un monde inconnu.


Salardenne se réclame plus ou moins d'Albert Londres qu'il cite en exergue de son livre. Il ne dévoile pas la manière dont il s'est introduit dans divers asiles pour récolter ses informations, laissant juste deviner l'influence de certains contacts et un don d'usurpateur d'identité certain. Quoi qu'il en soit, le tableau est assez triste et le propos engagé. Salardenne ne mâche pas ses mots:


"La psychiatrie est la science (si l'on peut dire) la plus en retard de toutes les sciences. Elle n'est guère plus avancée au XXe siècle qu'elle ne l'était en l'an mille. L'aliéniste n'est pas un médecin, c'est un collectionneur. Il collectionne les fous et les catalogue, comme un botaniste conserve des plantes dans son herbier. Il leur donne des noms bizarres, barbares. Il vous dira que celui-ci est un hébéphréno-catatonique, cet autre un paranoïaque, celui-là un schizomaniaque... Il vous parlera de zoopsie, d'onirisme, d'ataxoadynamique, de presbyophrénie... Ce sont des mots impressionnants derrière lesquels il cache son ignorance tout comme les médecins de Molière cachaient la leur derrière des mots latins" (p.169) ou encore "L'asile n'est pas un hôpital, mais une prison. Le fou y est traité en condamné de droit commun. Plus durement peut-être. Les condamnés, eux, ignorent la camisole de force". Salardenne s'intéresse aussi à la sexualité des internés et rappelle qu'ils portent alors des ceintures de chasteté. Il souligne l'absence totale d'intérêt pour les besoins sexuels des malades qui font comme ils peuvent, compensant par l'onanisme et leur imaginaire débridé des besoins qui sont réels et pourtant rigoureusement ignorés et prohibés.


Certains passages sur les fantasmes de malades sont très intéressants et heureusement illustrés par Pol Ferjac, notamment celui dans lequel un malade confesse son amour de l'héroïne du Métropolis de Fritz Lang jouée par Brigitte Helm.


" Comprenez mes malheurs, monsieur... Brigitte, deux êtres en un seul, une bonne, une mauvaise, une chaste, une vicieuse. Métropolis, Métropolis... Femme artificielle et mécanique... Femme réelle en chair humaine... Je m'y perds, monsieur... C'est atroce... Un soir, je veux l'aimer, elle est en bois, en fer, en plomb, en acier, en aluminium, comme les casseroles, monsieur... Ah, c'est épouvantable... Et la radio, et les fluides électriques de son corps... Elle possède un haut-parleur dans le gosier, monsieur, et une dynamo dans la poitrine... Et puis je crois qu'elle me trompe avec ce Fritz Lang qu'elle dit être son père spirituel..." (p.71-72)


Autre intérêt de ce livre, Salardenne reproduit certaines lettres rédigées par des malades, qui pour la plupart finissaient dans la poubelle du surveillant. On trouve dans certaines des qualités proches de l'art brut ou de l'écriture automatique si chère aux surréalistes:


"... Canaille et chambre des Députés Luxembourg et Guillaume II qu'on assassine la tour Eiffel avec le centenaire de l'Algérie et la femme Dubois qui a la maladie noire en rampant sur le sable et sur le sable en rampant, canailles! assassins! bandits! voleurs! la petite fille que j'ai violée, c'est faux et je réclame justement justice et guillotine dans les tranchées, les gaz, la mitrailleuse et la colique, des larmes et des rires, canailles, au secours, canailles et chambre des Députés, bordel et Luxembourg, Bolo Pacha et Pacha Bolo, Almereyda et duc de Guise et la femme Dubois qui a la maladie noire pourquoi suis-je fou? Parce que je ne le suis pas et que je sais que je ne le suis pas".


jeudi 10 avril 2008

Max Klinger (1857-1920)

Petite plaquette éditée à l'occasion d'une exposition sur l'oeuvre du graveur Max Klinger en 1995.

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Thanx pain2go and criak22

Le surréalisme, même 2

Le surréalisme, même est l'une des dernières grandes revues surréalistes, dirigée par André Breton juste avant sa mort. Le sommaire est encore de très bonne qualité (voir scan), de même que la maquette. Pierre Molinier en couv, des photos et textes de Péret, de Léonora Carrington, de Breton, Julien Gracq ou Joyce Mansour, que demanderait de plus l'amateur de surréalisme...
(Si un article de cette revue vous intéresse, demandez, je scannerai.)

dimanche 6 avril 2008

Foul-In V1N5

Une de mes revues préférées, du temps où meme pour une revue porno ou érotique, les mecs se creusaient la tête pour surpendre par les sujets, la mise en page et les jeux de typo. Ouvrez une revue porno aujourd'hui et vous comprendrez la différence...

Petite visite chez les hippies: