samedi 17 mai 2008

Mai 68... Dolce Vita n°8

Voilà la seule évocation de mai 68 que vous trouverez sur ce blog ('cause the revolution will not be televised).
Dolce vita est une revue dont je possède peu de numéros mais dont chaque feuilletage (effeuillage?) est un régal. Qu'en pensez-vous?

La revue proposait sans doute une ou deux autres photos de Dahlia Lavi (Le Corps et le Fouet de Bava) mais un malotru a cru bon d'arracher la page de mon exemplaire...)

jeudi 15 mai 2008

Brigade Mondaine 1 - 2 - 3...

Au risque de passer pour un pervers demeuré (je le suis un peu) auprès de mes lecteurs, je persiste et signe, affirme et confirme: je suis un lecteur des "Brigade Mondaine". A vrai dire j'ai même motivé le projet à long terme de tous les lire du premier au dernier, en commençant par les 3 premiers que voici.

Je sais, ce n'est pas de la grande littérature, c'est écrit dans l'urgence, c'est sale... mais non ce n'est pas sale, c'est très sain bien au contraire. La Haute Kulture de l'époque, celle qui a les honneurs des pages du Magazine littéraire ou des Inrocks vaut-elle mieux?... Quant on s'est ingéré les 45 pages du dernier Grégoire Bouillier, merdocouillesque pâté littéraire expérimental prétentieux, écrit à la 2ème personne pour faire moderne et novateur (Butor, La Modification, 1957...) et qui croit choquer avec un matériel de téléfilm érotique bulgare, on trouve les "Brigade Mondaine" très réussis. De plus j'ai appris depuis peu qu'une grande plume se cachait derrière plus d'une centaine des titres de la collection, à savoir Philippe Muray romancier et essayiste "de premier ordre", ce qui ne fait que confirmer que ces petits romans sans prétention ne sont pas si mal écrits. Enfin, Flaubert et plus tard James Joyce n'ont-il pas affirmé trouver délicieux les romans popu du prolifique et coquin Paul de Kock, relisez les début d'Ulysse et vous verrez... bref, j'assume.

Les 3 premiers BM et une pub bien pas comme il faut pour un flingue en page 222 du Monstre D'Orgeval.

mardi 13 mai 2008

Suicide is painless - MASH




Magnifique thème de Mash repris par Keren Ann et Barði Jóhannsson pour le duo Lady & Bird...

Through early morning fog I see
visions of the things to be
the pains that are withheld for me
I realize and I can see...
[REFRAIN]:
that suicide is painless
It brings on many changes
and I can take or leave it if I please.
I try to find a way to make
all our little joys relate
without that ever-present hate
but now I know that it's too late, and...
[REFRAIN]
The game of life is hard to play
I'm gonna lose it anyway
The losing card I'll someday lay
so this is all I have to say.
[REFRAIN]
The only way to win is cheat
And lay it down before I'm beat
and to another give my seat
for that's the only painless feat.
[REFRAIN]
The sword of time will pierce our skins
It doesn't hurt when it begins
But as it works its way on in
The pain grows stronger...watch it grin, but...
[REFRAIN]
A brave man once requested me
to answer questions that are key
is it to be or not to be
and I replied 'oh why ask me?'
[REFRAIN]
'Cause suicide is painless
it brings on many changes
and I can take or leave it if I please.
...and you can do the same thing if you please.

BB comme Belle Biscotte

Pub pour les biscottes Luc, du temps de sa gloire et avant la crétinisation:

Pin-up du mois (3) mai 2008

Miss mai 2008 sur son trône:

jeudi 8 mai 2008

André Héléna. Le goût du sang


Il est toujours difficile pour moi d’évoquer de façon juste et objective un roman d’André Héléna tant cet auteur a touché quelque chose de vital en moi dans mes années d’adolescent. Un pessimisme radical, une noirceur qui colle au corps comme une pluie poisseuse un soir de novembre sur des pavés luisants d’espoirs déçus.
Le goût du sang fait partie des grands romans d’Héléna, de ceux qui dépassent largement la médiocre production alimentaire à laquelle il s’est restreint par faute de temps et de motivation. On touche ici, au contraire, à du grand art, à l’inscription dans un sous-genre d’un trait de plume existentialiste et vierge de tout chichi littéraire. Une bombe brute, noire et fatale.
Héléna situe l’action dans les lieux qu’il connait bien. Ici c’est Perpignan, pendant la guerre et après la Libération. Jacques Vallon est un jeune homme maladroit, laid, fils d’un magistrat qu’il méprise. Décidé, après mille renoncements, à surmonter sa timidité pour entrer dans un bordel afin de fêter l’obtention de son bac, Jacques se retrouve malgré lui, dans les toilettes du claque, témoin d’une conversation évoquant des meurtres de collabos. Surpris, le voilà, plus par fatalité que par réelle motivation, tueur dans la Résitance, lui qui jusqu’à présent prenait la vie comme un fardeau social, familial et (a)sexuel. Jacques déteste l’occupant et les collabos, mais pas réellement par principe. Ce qu’il déteste chez eux c’est leur pouvoir, ils ont l’argent et les filles. Ils ont tout ce qui lui manque. Il les effacera donc, avec son Luger, un par un. C’est alors que, peu à peu, au fil des exécution de miliciens, de pourris en tous genres, le gagne le « goût du sang » et que Jacques se métamorphose.
« A certains moments, au moment de tuer, quand on sent passer le souffle empuanti de la mort, un démon prenait l’enveloppe charnelle du fils Vallon. Et c’était ce démon fait homme qui tuait. » La fatalité poursuivra Jacques, comme on l’imagine bien, vers un final sans espoir, d’une noirceur tout simplement sublime et poétique dans sa radicalité.


(couverture de l'édition originale de Jef de Wulf, heureusement conservée dans la réédition Fanval)

lundi 5 mai 2008

Georges Hugnet. Dictionnaire du dadaïsme.

Il y a déjà un an, je présentais sur le blog de l'ami Martian Shaker les collages de Georges Hugnet. Revenons à cette figure majeure et méconnue du XXème siècle. André Breton le remarqua très tôt car Hugnet fut le premier historiographe du mouvement Dada. Il fit paraître plusieurs articles sur le sujet dès 1924. Trente ans plus tard, avec la collaboration de sa femme, il s'engagea dans cette entreprise colossale de dictionnaire Dada. Aujourd'hui épuisé, ce livre est une vraie bible pleine d'informations rares et une source inépuisable de découvertes dont je me délecte.

Ed. Jean-Claude Simoën, 1976

samedi 3 mai 2008

L'Oeil de Paris - Janvier 1954 - Ed. Edica

Continuons l'exploration de la presse polissonne du XXème siècle avec L'Oeil de Paris, bazar foutraque d'érotisme, de photos chocs et de nouvelles sur papier dégueulasse. Attention, c'est "confidentiel"...

Vous voulez savoir qui figure en couverture de cette revue? L'Oeil de Paris est trop bon de nous en informer, il s'agit de Claude Clerisse, "Reine des Blondes 1952, Finaliste Miss Plage 1953 (Juan-les-Pins)", houlala...

mardi 29 avril 2008

Janusz Maria Brzeski

Je ne me lasserai jamais d'Internet tant que je pourrai faire de telles découvertes. je m'intéresse de plus en plus au collage et je découvre de quoi rêver, m'émouvoir, m'enrichir, toujours dans les recoins, aux carrefours d'influences variées, dans les interstices...
Janusz Maria Brzeski (1907-1957) fut un artiste polonais dont l'oeuvre présente une affinité certaine avec le surréalisme même s'il n'y a pas réellement eu de groupe surréaliste en Pologne. Il a dirigé les magazines illustrés As et Swiatowid (sur lesquels j'aimerais bien jeter un oeil) et a réalisé des films expérimentaux avec des messieurs de l'époque aux noms aussi improbables que le sien, et qui feront peut être l'objet de futurs posts. Son travail est marqué par une "liberté érotique" qu'il a toujours revendiquée. Un mec bien quoi...
(infos in Les Mystères de la Chambre Noire de Edouard Jaguer, Ed. Flammarion, 1982)

samedi 26 avril 2008

No Wave

Je n’ai rien connu de la No Wave, né trop tard, mais ce « mouvement » musical est tout ce par quoi je jure, à l’heure où la musique me fait globalement chier, je me replonge dans ces hurlements, ces divines distorsions, ce mur de bruit et de rage juvénile. La compil No New York, pierre angulaire produite par Brian Eno dès 1978 ravit mes tympans las. Teenage Jesus & The Jerks, DNA, Mars, Contorsions, Y Pants, Suicide, Glenn Branca, Theoretical Girls et bien d’autres ont l’art d’injecter directement dans mon cerveau tout un univers décadent et disparu depuis 1980, ou qui ne survit que par l’esprit de quelques uns comme Thurston Moore de Sonic Youth, dont le livre sur la No Wave vient de paraître.

Arto Lindsay est aussi cher à mon coeur qu’Hendrix ou Billie Holiday. Lydia Lunch reste à jamais une poétesse et tout simplement une femme exceptionnelle, même si ses disques ont à mes yeux perdu de leur grace en diluant leur rage dans le romantisme très noir. James Chance, ce petit con de gueulard blanc qui singe James Brown sur des sons de guitares distordus et saturés, et qui donne encore des concerts de nos jours, pathétiques paraît-il… Quelle importance, j’avais 1 ou 2 ans quand l’esprit de la No Wave a sombré…
Voici également quelques scans tirés d’un ouvrage de Bob Nadoulek paru en 1979, pleine période No Wave. J’ignore un peu qui est ce Bob, j’ai cru comprendre qu’il était proche de l’esprit des situ ; Laurent Chollet cite ce livre dans la bibliographie de L’Insurrection situationniste.


Now listen...
Lydia Lunch "Atomic bongos"(thanks aschenputtel85)

DNA "Detached" (extrait du film Downtown 1981) (thanks happysoaps)

James Chance and The Contortions "I Can't Stand Myself" (thanks imarobot7)

lundi 21 avril 2008

Interview Eric Losfeld, Jean-Jacques Pauvert, Lucien Bodard

Voilà un post qui pourra intéresser 2 ou 3 (pas beaucoup plus) de mes lecteurs connus (et peut-être quelques un des 90% d'autres lecteurs anonymes qui ne se sont jamais manifestés... damn lurkers...). On va faire dans le cradingue cette fois, pas de belles images mais du contenu pas courant. Pour avoir fait un assez gros boulot universitaire sur Eric Losfeld, je peux vous dire qu'il faut se bouger le cul pour retrouver des interviews du bonhomme. Ses mémoires étant parfois bourrés d'inexactitudes (pour ne pas employer de termes comme "mythomanie"), j'ai écumé les bouquinistes à la recherche de revues de l'époque, poussant même le vice jusqu'à visiter les géniales archives de l'IMEC (dont le fonds Losfeld est hélas assez pauvre et rangé comme ma chambre après une douzaine de tsunamis)... au final 4 ou 5 entretiens de diverses longueur, dont celui-ci, plutôt court mais intéressant tout de même pour son contenu croisé avec d'autres francs-tireurs de la quéquette et de la subversion de l'époque. Crado donc, scan de photocopie, mais on s'en fout, hein...

nb: pis manque la fin de l'interview de Pauvert...


Extrait de Moi n°21, 1971.

dimanche 20 avril 2008

Carlo Romano. Lo spettacolo e i suio prodigi

Ah les puces, incomparable lieu de crapulerie et de rêve... ou comment trouver des merveilles à quelques pas de Christophe Bier qui feuilletait là une ancienne revue de bondage...

Jolies trouvailles ce matin: un nouveau livre de chez Prima (un futur post probablement) et un bel ouvrage italien qui synthétise un peu tout l'esprit de ce blog à lui tout seul ! Voyez donc, des pin-up, des freaks, des publicités subversives, des photos de torture, du surréalisme en revue avec Maintenant d'Arthur Cravan, des pépées de music-hall, des strip-teaseuses, du film bis... Pour les incrédules et ceux qui rechigneraient à ouvrir la dernière image, voici une petite liste proposée par la 4ème de couverture (notez que le "ecc." final est primordial):
"Dodo d'Hambourg, Amedeo Nazzari, Jacques Lacan, Cecil B. De Mille, Il Nuovo Alfabeto delle Strelle, Jean François Lyotard, Gualtiero Jacopetti, Tiberio Mitri, Wanda Osiris, Georges Bataille, Quelle Signore di Notari, lo Spettacolo della Morte, Gilda Marino, Friedrich Nietzsche, Marilyn Chambers, Joseph Beuys, Antonella Steni, Anton Guilio Bragalia, Eric Satie, Anna Fougez, Gilles Deleuze, Marcel Duchamp, Chelo Alonso, lo Spettacolo del Piacere, ecc."
Il ne manque plus qu'un bon verre pour savourer ce fourre-tout de bizarreries comme on les aime!

Ed. Arcana Editrice 1975.