Restons un peu sur la lignée du post consacré à la revue Sensations avec une autre revue de la même époque (début 50's). Quand une revue érotique comme Enquêtes décide de faire un dossier sur "les rêves et l'amour", on peut s'attendre à une avalanche de photographies délirantes mêlant allègrement onirisme, érotisme, surréalisme et fantastique. Toutes ces photos sont de Gaston Paris et Serge de Sazo. Le premier fut le maître du second. Ils se rencontrent au siège du magazine VU. De Sazo va rapidement devenir un grand photographe de nu et de photos légères pour nombre de revues de l'époque dont la célèbre Paris-Hollywood. Plus tard, il se passionnera pour la plongée et associera sa passion avec son métier de photographe pour créer des images érotico-sous-marines assez incroyables.
Il faut impérativement, absolument, rééditer la revue Romp dans son intégralité!
Que fait Taschen bon sang? Que de telles merveilles décrépissent sur du papier jauni est inadmissible... Et puis c'est plein de Bill Ward! Rhaaaaaa! D'autres scans de ce numéro 38 de novembre 1966 sont prévus alors restez dans le coin...
La revue Sensations incarne à elle toute seule la modeste ambition de ce blog: montrer à quel point sont reliés la culture populaire et les mouvements artistiques d'avant-garde. En l'occurence ici, la petite revue de cul et le surréalisme. Car qui niera que les photos scannées ci-dessous ont un lien direct avec le surréalisme? On croirait du Hugnet, du Bellmer à chaque page. Un strip-tease de momie, un photomontage de jambes titré "Introspection", une femme nue dans le sable qui semble morte, une sirène éventrée aux ciseaux (!!!)... Chacune de ces photos mériterait une publication sur papier glacé et pourtant tout le monde semble s'en balancer comme de la culotte de Christine Boutin dans une vente aux enchères d'antiquités gréco-romaines. On imagine mal les acheteurs des années 40 ramenant chez eux un exemplaire de ce magazine pour se procurer quelque frisson érotique et pourtant, cette revue comporte un nombre de numéros assez élevé (même si les bizarreries de ce genre ne se trouvaient pas dans tous les numéros). Comme quoi il a bien du trouver son public... De même que le lettriste Isidore Isou prêtait sa plume à des revues populaires comme V magazine, il semblerait que des photographes et des dessinateurs à l'imaginaire foudroyant ait trouvé une place à leur art dans les poubelles de la culture, à savoir les revues légères. Eh bien, vive ces anonymes qui nous enchantent encore, plus de 60 ans plus tard!