mercredi 9 novembre 2011

Paris Flash n°3

Je pensais avoir déjà fait des posts sur cette revue qui m'est chère, Paris Flash, mais visiblement non. Alors je répare illico cet oubli. Des photos superbes et des dessins terribles comme un très beau Hodges... Bref un régal pour les yeux...

samedi 5 novembre 2011

Jean Rollin séquence émotion



5 novembre 2011. Ce matin avait lieu le début de la vente privée des objets et livres du grand Jean Rollin. C’est sans assurance, avec un peu d’amertume et en même temps habité par une grande curiosité que je me suis rendu (bien accompagné, merci S.) au domicile du réalisateur. Il y a toujours quelque chose de triste et d’étrange à assister à ce genre de vente, de « dilapidation » mais au moins les objets seront entre de bonnes mains, celles des admirateurs et des collectionneurs. On raconte qu’une grande partie des collection de Pierre Charles aurait été jetée par la famille parce que trop obscène… (dixit Lucas Balbo sur son facebook) alors mieux vaut une vente honnête et ciblée. De plus la cinémathèque de Toulouse a heureusement récupéré de nombreux documents appartenant à Jean Rollin, ils font dorénavant partie de l’histoire du cinéma. Quant au reste, fans et collectionneurs ont pioché aujourd’hui dans sa caverne d’Ali Baba. Statuettes, livres, affiches, objets divers. Il y en avait pour tous les goûts. Contrairement à ce que je craignais, l’ambiance n’était pas glauque et les acheteurs n’avaient rien de vautours. Au contraire, chacun avait l’impression de sauver quelque chose. C’était mon impression en tout cas. Je poste ici l’intégralité de ce que j’ai acquis aujourd’hui et je tiens ces objets à la disposition de qui voudra les exposer, les répertorier ou que sais-je. Si besoin, sachez les entre de bonnes mains !


Si j’avais pu, j’aurais bien évidemment acheté plus de choses. Voir la bibliothèque de Jean Rollin était pour moi un grand moment d’émotion. C’est probablement et en grande partie grâce à lui qu’est née ma passion pour l’étrange. Avec Eric Losfeld, il fut l’un de ceux qui à mes yeux comprirent le mieux les liens unissant les cultures d’avant-garde (du surréalisme au lettrisme) et la culture populaire, érotique, fantastique et policière. Parmi les ouvrages repérés chez Rollin, Le Musée des Vampires de R.Villeneuve, annoté par Rollin et dédicacé par l’auteur, l’intégralité du Journal des Voyages (qui l’inspira beaucoup) reliés en un nombre de tomes assez faramineux, d’autres reliures d’Alexandre Dumas, Ponson du Terrail, Arnould Galopin, des piles de revues lettristes signées Isou ou Maurice Lemaître, du Pierre Mabille, du Fardoulis-Lagrange bien sûr, des polars de Goodis, Chandler, Hammett et bien d’autres, des livres sur Fritz Lang, Tourneur, le cinéma fantastique, des livres de Duras (les fans comprendront pourquoi), de Queneau, de Vian, de Ratno, Max Roussel et Anta Grey (Rollin réédita ces trois derniers), du roman populaire (Jean de la Hire, des fascicules Ferenczi, du Tallandier etc) tous ou presque compulsés jusqu’à l’effritement ! Et je ne parle pas des objets… On en voit une partie dans la vidéo postée ci-dessous… fauteuils-éléphants, poupées cassées, bougeoirs en crânes, mini-guillotine, et autres statuettes étranges… Si la plupart des gentilles octogénaires qui trainent leur cabas à roulettes dans les rues calmes du 20ème arrodissement avaient soupçonné un tel antre du démon, elles en auraient tout renversé sur la chaussée… Bref c’était merveilleux. Merci à Serge Rollin et Véronique D. Travers d’avoir organisé cette vente. Jean Rollin va nous manquer mais ses objets et ses films nous accompagnent.

mardi 1 novembre 2011

Lithos anonymes

Pas grand chose à raconter sur cette série d'illustrations anonymes vendues sur ebay il y a plusieurs mois. Vous aurez compris à la faible qualité des images que je n'ai pas pu acheter ce lot mais je pense qu'elles méritaient un éclairage sur le carrefour.

jeudi 27 octobre 2011

Arnould Galopin



Quelle bonne idée ont eu les défricheurs de L'Arbre Vengeur (une maison dont on ne dira jamais assez de bien) d'aller repêcher Arnould Galopin (déjà, s'appeler comme ça c'est juste incroyable). Prolifique auteur de romans populaires en fascicules et d'oeuvres diverses et variées, le pauvre Arnould (1863-1934), malgré son nom, n'a pas creusé son sillon dans la mémoire collective... et pourtant. Ce simple texte, Le Bacille (1928), mérite vraiment une redécouverte enthousiaste.

Il y est question de Martial Procas, un jeune et beau scientifique spécialiste de la bactériologie. Adulé par de nombreuses admiratrices qui viennent le reluquer pendant ses cours à la Sorbonne, la vie de Martial semble idyllique. Il tombe même amoureux de Meg, un belle américaine. Jusqu'au jour où (car il y a toujours un "jusqu'au jour où") il découvre que Meg le trompe et là... accrochez vous... il est foudroyé par une crise de cyanose, une asphyxie qui le transforme en monstre. Sa peau devient bleue et ses yeux jaunes! Imaginez le drame. Commence alors une vie de solitaire, de reclus. Son physique lui interdit tout rapport social. Les gens le fuient, l'insultent, le soupçonnent des pires méfaits. Seul un chien errant, Mami, vient lui apporter un peu de réconfort.
Un beau jour (pas si beau que ça), un enfant disparaît dans le quartier... Rapidement, on soupçonne cet homme seul et repoussant, que l'on surnomme 'L'horreur', "ce monstre bleu, ridicule et sinistre, plus hideux qu'un masque japonais" (sa propre image dans le miroir). Les habitants, poussés par l'euphorie de groupe, s'acharnent à démontrer sa culpabilité. Le pauvre freak n'a plus qu'une seule solution face à l'opprobre et la médisance, une vengeance d'intellectuel, un coup, le terrorisme biologique!
Vous me ferez le plaisir de lire ce livre unique et mystérieux, hallucinante fable sur la violence sociale, le désir de notoriété, la différence et la solitude, matinée d'ambiances rappelant Franju ou Le Fantôme de l'Opéra. Une pépite, j'vous dis!!!

Editions l'Arbre vengeur. 2011. Illustrations de Hugues Micol.